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Dites chut aux chutes !

D’après les projections de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), au 1er janvier 2060, si les tendances démographiques observées jusqu’ici se confirment, la France Métropolitaine comptera presque 74 millions d’habitants. De ce fait le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans passerait à 12 millions et celui des plus de 85 ans à plus de 5 millions.

 

Le vieillissement peut conduire à l’apparition de pathologies psychologiques et/ou physiologiques, entraînant une entrée dans la dépendance, ainsi qu’aux risques de développement d’accidents de la vie courante.

 

Les personnes de plus de 65 ans sont victimes chaque année en France de 550 000 (150 000 hommes et 400 000 femmes) accidents de la vie courante avec recours aux services médicaux d’urgences. Une grande majorité de ces accidents est le résultat de chutes.

 

La mobilité peut se définir comme l’habileté de la personne à bouger d’un point à un autre de façon indépendante et sûre. L’altération de la mobilité représente donc un facteur prédictif de chute. On estime qu’environ une personne sur trois âgées de 65 ans et plus, vivant à domicile tombe chaque année. Pour les personnes ayant plus de 85 ans, le pourcentage augmente à un sur deux.

 

La chute est à l’origine d’une réduction totale ou partielle de la mobilité et de handicaps fonctionnels, psychologiques et sociaux conséquents.

 

La chute est un événement multifactoriel qui nécessite une approche globale, il faut prendre en compte :

  • L’état de santé de la personne en ce qui concerne les troubles de l’équilibre, la diminution de la mobilité, les faiblesses musculaires ainsi que ses pathologies.
  • Ses comportements en matière de prise médicamenteuse, d’alimentation insuffisante ou inadéquate, de prise de risque, de peur de tomber et de sédentarisation.
  • Son environnement, avec l’aménagement du lieu de vie.

 

Les muscles des jambes jouent un rôle essentiel dans le maintien de la posture debout ainsi que dans la marche. Effectivement, au-delà de 65 ans, on considère une perte musculaire supérieure à 20%, pour atteindre 50% au-delà de 80 ans. De plus, la réduction de la densité minérale osseuse peut entraîner des risques de fracture importants.

 

Les organes des sens sont eux aussi touchés par l’évolution de l’âge, notamment par des presbyties et des cataractes.

 

Une chute peut avoir pour conséquences des fractures mais surtout un syndrome de Murphy (peur de rechuter). On estime que la moitié des chuteurs font des chutes répétées, ce qui représente environ 15% des personnes de plus de 65 ans et 25% des plus de 80 ans.

 

La peur de chuter conduit généralement à une restriction des activités, donc à une sédentarisation entraînant une perte d’autonomie. Cela engendre des résultats négatifs sur la santé, avec une qualité de vie réduite, des limitations fonctionnelles, des activités restreintes, un repli sur soi et parfois un état dépressif.

 

De ce fait cette peur de tomber fait entrer la personne dans un cercle vicieux du déconditionnement, augmentant la probabilité de nouvelles chutes. La peur excessive de la chute et la peur de la douleur en résultant ont pour conséquence une limitation des activités et donc un déconditionnement musculaire.

 

Prévention possible (bienfaits de l’Activité Physique) :

Le maintien des capacités physiques apparaît alors essentiel pour conserver l’indépendance et préserver la qualité de vie au cours de l’avancée en âge.

En effet, la pratique régulière d’une Activité Physique permet de retarder ou de ralentir certains processus délétères liés au vieillissement.

On constate que les personnes pratiquant une activité physique régulière présente un risque inférieur de 20 à 40% de subir des fractures.

Il est important de savoir que même les personnes âgées sédentaires peuvent retirer de nombreux bénéfices d’une pratique récente.

 

Quelles activités ?

  • Une Activité Physique de type endurance, comme la marche rapide afin de solliciter l’ensemble des muscles et surtout le cœur. De plus, les os et articulations ont besoin de contraintes avec le sol pour se solidifier. Donc peu importe la problématique, la marche reste le meilleur « médicament » contre tout.
  • Une Activité Physique de type Renforcement Musculaire afin de garder sa masse musculaire et la rendre plus performante, assurant de ce fait une bonne locomotion. Il est important d’amplifier les exercices sur le bas du corps (mollets, cuisses et fessiers) ainsi que sur la ceinture abdominale.

 

Exemples : Assis sur une chaise, relevez les jambes presqu’à l’horizontale. Amusez-vous à vous lever et vous rasseoir sur votre chaise sans vous aider des accoudoirs.

 

  • Une Activité Physique de type Equilibre et Souplesse. Ces deux dimensions vont permettre d’une part d’assurer au corps une bonne élasticité, évitant ainsi les chutes et d’autre part, une meilleure approche du déséquilibre, favorisant les réflexes à la reprise de la stabilité.

 

Attention car l’exercice seul ne permet pas de réduire le risque de chute car les personnes peuvent présenter d’autres facteurs de risques, tels que l’altération de la vision ou la prise de certains médicaments. Il est donc important de se rapprocher au préalable de son médecin.

 

Mais sachez que plus on bouge et plus on sera en capacité de bouger.

 

Par Clément Tourdot, Professeur en Activités Physiques Pour la Santé.